Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez voulu devenir sapeur-pompier ?
Ma motivation pour devenir sapeur-pompier reposait sur ma volonté de contribuer à sauver des gens. Être sapeur-pompier, c’est agir dans l’intérêt général et collectif. Cet objectif donne du sens à mon engagement et à ma profession. À travers mon activité professionnelle et associative, j’ai pu faire de belles rencontres que ce soit en interne avec des collègues, comme en externe avec le public et les partenaires. Dans le cadre de ma fonction d’officier, m’occuper du personnel m’apporte beaucoup : je suis en charge du management global avec pour objectifs que les sapeurs-pompiers soient à l’aise dans la caserne, et que l’encadrement soit en capacité de les dynamiser et de les fédérer.
Céline Guilbert, quel est votre parcours et votre activité ?
Mon parcours est jalonné par plusieurs postes qui m’ont chacun beaucoup apporté.
Originaire du Finistère et nageuse, j’ai découvert ce milieu en devenant pompier saisonnier sur les plages, en tant que surveillante, mais aussi en allant à la rencontre des sapeurs-pompiers de la caserne locale. Après mon baccalauréat, j’ai effectué un DUT « Hygiène, sécurité et environnement » à Lorient. A cette occasion, j’ai encore eu davantage l’occasion d’échanger avec des sapeurs-pompiers qui faisaient partie des étudiants et des formateurs, et j’ai su que c’était ma vocation. Si bien que j’ai rejoint l’équipe du Centre de secours de Douarnenez puis ai passé le concours de sapeur-pompier.
Je suis devenue lieutenant sapeur-pompier professionnel en 2001, et ai intégré le Centre de secours de Saint-Brieuc. Trois ans, plus tard, j’ai été nommée Chef du Centre de secours de Dinan. Mon rôle : coordonner au quotidien 35 sapeurs-pompiers professionnels et 65 pompiers volontaires. Ce fut une expérience enrichissante qui a été un tournant dans ma carrière et m’a permis d’acquérir la connaissance concrète du terrain.
En effet, quelques années après, en tant qu’adjointe au chef du bureau Opérations au groupement de Nantes, de 2007 à 2014, j’ai pu capitaliser sur ces compétences techniques puisque j’avais en charge les retours d’expérience à la suite d’interventions, l’organisation de manifestations à Nantes, et la mise en œuvre d’opérations.
En 2015, j’ai eu l’opportunité de devenir Chef de mission citoyenneté au sein du Service départemental d’incendie et de secours de Loire-Atlantique. J’ai en effet eu l’envie de m’investir dans la sensibilisation de la population pour qu’elle soit acteur de sa propre sécurité.
J’ai aussi une casquette associative : j’ai été la première femme et plus jeune membre du conseil d’administration de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France (FNSPF), tout en étant membre du comité exécutif en charge de la jeunesse et de la promotion de la sécurité civile. Depuis peu, je suis devenue administratrice de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France (FNSPF), et pilote deux groupes de travail « Égalité diversité » et « Innovation ».
Quelles sont vos missions principales actuellement en tant qu’officier sapeur-pompier ?
Actuellement, je suis Chef de groupement territorial au sein du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) de la Vienne. Je coordonne les 45 Centres de secours du département en pilotant une équipe de cadres qui gère ces centres dans leur périmètre territorial d’affectation. Mon rôle principal est de faire le lien entre les services de direction et le territoire, tant dans une dimension humaine liée au recrutement des sapeurs-pompiers volontaires, que dans une dimension matérielle, technique et logistique. L’objectif quotidien est de faire en sorte que le Centre de secours soit opérationnel, armé avec des moyens humains et matériels adéquats, pour intervenir rapidement auprès de la population. Chaque jour est unique tout comme chaque intervention, il faut en conséquence être en permanence bien équipé.
Au sein du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) de la Vienne, nous avons un effectif total de 1 500 personnes : 1 300 sapeurs-pompiers volontaires et 200 sapeurs-pompiers professionnels.
Quels conseils donneriez-vous à une femme qui veut devenir sapeur-pompier ?
Ma première recommandation serait de vous rendre au Centre de secours le plus proche pour rencontrer le chef de centre, vous renseigner sur l’activité et assister aux manœuvres.
De plus, en tant que femme, il faut savoir se faire confiance et ne pas s’autocensurer. À ce jour, nous comptons en moyenne 20 % de femmes, un chiffre en constante évolution dont nous sommes fiers. Les sapeurs-pompiers travaillent en équipe et leurs missions sont diverses, nous avons ainsi besoin de tous les profils et gabarits.
On peut par exemple tout à fait s’engager comme femme sapeur-pompier en effectuant uniquement du secours d’urgence à la personne et du secours routier, sans toucher à l’incendie. En termes d’organisation du temps, il y a une vraie flexibilité : il est possible de se rendre disponible en fonction de son planning et de ses contraintes personnelles.
Quel(s) message(s) souhaiteriez-vous porter au sujet de votre engagement ?
Grâce à ma vocation, j’ai la chance de donner du temps aux autres. Mon expérience m’a montré que nous avons un vrai retour sur ce temps d’engagement. Notre investissement personnel est plus que récompensé, car on reçoit énormément en retour. Cette aventure humaine nourrit beaucoup et motive au quotidien.