Changer de vocation pour s’épanouir dans une autre. La reconversion professionnelle suscite aujourd’hui autant d’engouement que de discussions. Pour comprendre ce phénomène, nous sommes allés à la rencontre d’Alexandre Hervy, ancien joueur de tennis professionnel devenu Chef de Circonscription.

 

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Alexandre HERVY, pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Alexandre HERVY, presque 34 ans et originaire de Tours. 

La particularité de mon parcours est liée à ma passion pour le tennis. J’ai commencé le tennis très jeune, dès 5 ans. La majeure partie de ma jeunesse et de ma scolarité s’est donc faite en sport-étude (structure spécialisée combinant études classiques et sport de haut niveau), à Poitiers puis à l’INSEP (Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance) Ce temps d’études aménagé m’a permis de participer à de nombreux tournois en France et à l’étranger.  

Malheureusement, ma carrière de joueur professionnel n’a pu aboutir pour diverses raisons dont des blessures et le manque de sponsors. J’ai donc décidé de reprendre mes études à 18 ans en entamant des études de droit, puis j’ai passé des concours administratifs pour intégrer la Fonction publique.
 

Quel métier exerciez-vous avant de rentrer dans la police ?

Comme évoqué, le tennis était mon activité première, je souhaitais devenir joueur de tennis professionnel. J’ai réalisé beaucoup de sacrifices au profit de ma passion. À mes 18 ans, j’ai fini par quitter la Fédération suite à des blessures. J’ai tenté ma chance sur le circuit, mais ces blessures et le manque de sponsors m’ont obligé à y mettre un terme et reprendre mes études.  Avant d’intégrer la police, j’ai été Directeur des services pénitentiaires. Après un premier poste au Centre pénitentiaire d’Orléans, j’ai pris le poste de Directeur de détention au centre pénitentiaire de Bois d’Arcy puis celui de Directeur adjoint. Le centre pénitentiaire de Bois d’Arcy est un établissement comprenant environ 300 agents pour 1000 détenus.
 

Comment avez-vous eu le déclic, celui qui fait passer à l’action ?

D’une manière générale, j’ai toujours eu un intérêt, une appétence pour le monde de la sécurité et de la défense. Durant mes études de droit, j’ai rapidement compris que je ne souhaitais pas devenir avocat ou juriste au profit d’une volonté de servir l’intérêt général, plutôt que l’intérêt particulier. C’est la raison pour laquelle, à l’issue de mon Master II, je me suis engagé au travers de concours administratifs, dans l’administration pénitentiaire, puis dans la police. Les métiers de la sécurité sont des métiers de terrain, dont notamment celui de Commissaire de police, qui permet de manager des équipes et de les encadrer sur le terrain.
 

Quel est le plus grand challenge que vous avez dû surmonter ? 

Changer de voie entre l’administration pénitentiaire et la police, il a fallu se replonger dans les études. ! Ce n’était pas un concours interne mais un concours avec détachement, où il a fallu réapprendre tout un métier. À cette période de ma vie, je venais tout juste de devenir parent alors j’ai dû reprendre les livres et me renseigner sur le monde de la police.
  

Qu'est-ce qui vous plaît dans ce métier ?

Dans notre institution, vous avez un panel de métiers divers et variés. Si vous êtes passionnés par de l’investigation, vous pouvez très bien intégrer des groupes d’enquêtes. Si vous préférez l’ordre public, vous pouvez intégrer des brigades mobiles ou autres. Au cours d’une carrière, vous pouvez changer de secteur, de casquette ou encore de zone géographique !  Les solutions sont multiples. Notre métier permet d’être au service des usagers, de défendre et protéger la société et ses citoyens.
 

Quels conseils donner à celles et ceux qui ont entrepris une démarche de reconversion ? Comment ne pas abandonner en période de doute ?

Il ne faut pas hésiter, foncez ! La Fonction publique donne accès à de nombreux secteurs et de nombreux métiers. Nous dispensons plusieurs formations, qui vous aide et vous accompagne dans votre reconversion. D’une manière générale, la Fonction publique est très avenante sur les reconversions. 
 

Quelle est la place du tennis dans votre vie aujourd’hui ? 

Je ne pratique quasiment plus depuis que j’ai arrêté la compétition de haut niveau. Je dois l’avouer, je suis bien pris par ma vie de famille et ma fonction ! Néanmoins, d’ici mes 35-40 ans, j’aimerais reprendre le tennis. L’avantage dans la police, c’est que l’administration dégage du temps pour s’adonner à une pratique sportive. Par ailleurs, nous sommes souvent encouragés à développer nos côtés sportifs, peu importe l’unité dans laquelle on se trouve. 

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