Les cadres de la Fonction publique formés à la transition écologique

40 000 cadres de la Fonction publique vont pouvoir suivre une formation dédiée à la transition écologique pour les armer et transformer la Fonction publique dans cet objectif.

Lancement du « plus vaste plan de formation jamais organisé à l’échelle de la Fonction publique »

Stanislas Guérini, ministre de la Transformation et de la Fonction publique, a présenté le plan de formation à la transition écologique des cadres de la Fonction publique, le mardi 11 octobre à l’Institut National du Service Public (INSP). Il était accompagné de Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique.

Ce plan de formation avait été annoncé par Elisabeth Borne lors du séminaire de rentrée le 31 août. Il s’inscrit dans le plan de sobriété énergétique présenté le 6 octobre 2022, et s’appuie sur l’engagement et la mobilisation des agents pour répondre aux défis écologiques et mettre la planification écologique au cœur des politiques publiques.

Il s’agit d’une « première mondiale » souligne le ministère de la Fonction publique, qui pilote le plan. 
« La volonté du gouvernement est d’accompagner les agents de l’État et ses administrations dans la mise en place des mesures pour répondre à l’objectif de réduction de 10% de la consommation d’énergie de l’État d’ici à 2024 » a déclaré Stanislas Guérini. Le ministre a également précisé que la mise en place du plan de sobriété et de la planification écologique se fera « à travers une méthode claire : celle du dialogue, de la territorialisation et de l’action ». 

Près de 25 000 cadres supérieurs de la Fonction publique d’État vont être formés aux enjeux de la lutte contre le changement climatique d’ici 2024. Dans une « démarche d’exemplarité », ce sont les 220 directeurs d’administrations centrales qui ont inauguré ce cycle de formation, mis en œuvre par la Délégation interministérielle à l'encadrement supérieur de l'État, le ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires et l’INSP.

Depuis le mois de janvier, c’est au tour de 300 autres cadres dirigeants (ambassadeurs, préfets, etc.) À partir de juillet 2023, environ 1 500 cadres de l'État suivront ce cursus chaque mois.

La formation des 12 000 cadres de la Fonction publique territoriale et des 4 000 cadres de la Fonction publique hospitalière débutera en décembre 2024. L’objectif est de former les 5,6 millions d’agents d’ici la fin du quinquennat.

Une formation « concrète »

c8ece23376e1-Texte_Formation-ecologique_1000X800.jpg

La formation dure 28 heures et se veut « la plus concrète possible » selon le ministère. Elle s’articule autour de trois modules :

  • Comprendre : ce module permet aux agents de développer une compréhension des grands enjeux climatiques, à travers des ateliers de sensibilisation et des conférences d'experts sur chacune des trois crises (crise de la biodiversité, crise climatique et crise des ressources naturelles).
  • Se projeter : dans un second temps, les stagiaires suivent des ateliers de « mise en pratique » animés par les associations La Fresque du climat et 2tonnes, pour apprendre à mesurer leur empreinte carbone et les leviers pour la réduire. Ils vont ensuite sur le terrain, à la rencontre d’acteurs ayant déjà opéré la transformation de leur activité pour répondre concrètement aux enjeux de la transition écologique : entreprises, organisations ou encore opérateurs de l’État. 
  • Agir : Ce dernier module s’appuie sur une restitution de l’agent à ses équipes, ainsi que l’élaboration d'un plan d’action propre à son administration pour mettre en œuvre la transition écologique.

Les formations doivent « irriguer l’ensemble de l’administration publique » afin d’enclencher une dynamique collective. Ainsi, au terme du cursus, les directeurs d’administration centrale sont suivis par des « coachs » issus à la fois du ministère de la Transition écologique et de la Direction interministérielle de la transformation publique. Ces derniers les aident à faire leur retour d’expérience auprès de leurs équipes et à mettre en mouvement leur organisation.

Selon Stanislas Guérini, ces cycles de formation ne constituent pas un « one shot » dicté par l’urgence énergétique.  « Un dispositif de formation continue sera enclenché dans la foulée » précise le ministre. Les futurs agents de la Fonction publique seront également sensibilisés aux questions climatiques dès leur formation initiale.

Des experts garants de la formation

Un groupe d’appui et d’expertise scientifique garantit la qualité du contenu de la formation et la mobilisation des réseaux scientifiques au plus près des territoires. Constitué d’une petite dizaine de membres, il est coprésidé par Laurence Tubiana économiste et diplomate française, directrice de la European Climate Foundation, et Luc Abbadie, vice-président du Conseil scientifique de l’Office français de la biodiversité (OFB) et membre du Conseil scientifique de l’Institut écologie et environnement (CNRS-INEE).

Plus largement, la formation des agents du Secteur public s’appuiera sur une centaine d’experts, scientifiques, climatologues, élus, associations environnementales, ONG, acteurs de la société civile mais aussi organisations syndicales et universitaires. De nombreux scientifiques ont été associés à la conception de ce programme. Parmi eux, les climatologues Valérie Masson-Delmotte et Corinne Le Quéré, la directrice générale de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité Hélène Soublet, le météorologue et climatologue Robert Vautard ou encore l’économiste et membre du Haut Conseil pour le climat Céline Guivarch.

Voir aussi