La Fonction publique engagée pour réussir sa transition énergétique

Accélérer la transition écologique, et notamment énergétique, au sein des Services publics est l’ambition du « Plan Services publics écoresponsables » lancé en février 2020 par le Conseil de défense écologique. Les 2,4 millions d’agents de la Fonction publique ont un rôle majeur à jouer dans cette transformation ambitieuse. Elle est à la fois nécessaire pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2 de la France, tout en représentant un levier de développement de métiers nouveaux au sein de la Fonction publique.

La nécessaire transition énergétique de la Fonction publique

La politique énergétique est un des enjeux de la transition écologique des services publics, notamment à travers la loi n° 2015-992 du 17 août 2015. Relative à la transition énergétique, la loi de transition énergétique a pour but de révolutionner les pratiques de consommation des ressources naturelles et des matières premières au sein des services de l’Etat. Cette politique, détaillée dans le Plan Services publics écoresponsables, aborde essentiellement les sujets de l’isolation des bâtiments publics et la réduction des énergies fossiles (pétrole et gaz) au profit d’énergies renouvelables.

 

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Transition énergétique : l'isolation des bâtiments publics

Cette mesure doit permettre d’améliorer la performance énergétique des bâtiments afin de réduire leur consommation d’énergie. Il s’agit notamment de bâtiments anciens comme les écoles, collèges ou des gymnases construits il y a plusieurs dizaines d’années et qui sont très énergivores. C’est un des chantiers majeurs pour les collectivités et un levier de transformation écologique important. Les bâtiments représentent 44 % de nos consommations d’énergie finale, soit un quart de nos émissions de CO2. Soulignons que 81 % des consommations énergétiques des communes de l’Hexagone proviennent des bâtiments publics. C’est un secteur où il est possible d’obtenir des gains de performance important, à condition de réaliser les travaux requis.

L’objectif est de réduire la consommation de ces bâtiments, et de réduire la facture énergétique des collectivités locales. Cela passe à la fois par la rénovation thermique mais aussi par la sensibilisation des agents du secteur public et de la population sur la loi de transition énergétique. Sur ce sujet, les collectivités ont un véritable rôle à jouer, du fait de la décentralisation de la politique énergétique, et de la mise en place des plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET)

 

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Les communes ont ainsi plus de latitude pour décider de mettre en place un chantier dans ce domaine : faire adopter et mettre en œuvre des pratiques plus vertueuses, impulser des actions de rénovation, créer des agences de l’énergie et du climat pour sensibiliser et informer le grand public sur la loi de transition énergétique.

 

La réduction des énergies fossiles dans la Fonction publique

Deuxième sujet important dans la transition énergétique des services publics : la réduction des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables. Cette transition s’effectue à la fois pour le chauffage des bâtiments publics (par exemple : remplacement d’anciennes chaudières au fuel) et pour les déplacements. Des politiques d’incitation à l’utilisation de véhicules électriques et de recours aux mobilités douces et alternatives sont mises en place. Le développement de bornes électriques au sein des services publics s’est poursuivi l’an dernier, avec un objectif de 500 bornes supplémentaires d’ici fin 2021 pour développer l’usage du véhicule électrique. Des forfaits « mobilité » incitatifs sont attribués aux fonctionnaires recourant régulièrement au covoiturage ou au vélo pour leurs déplacements domicile-travail. Des applications mobiles sur smartphone type Karos sont également développées pour inciter les personnels à covoiturer pour leurs trajets réguliers.

 

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Les nouveaux métiers de la transition énergétique dans la Fonction publique

La loi de transition énergétique et écologique a fait émerger de nouveaux métiers, tant dans le secteur privé que dans la Fonction publique. De nouveaux profils sont recrutés, notamment dans les collectivités locales, pour mettre en œuvre cette transition : économe de flux, conseiller en énergie partagé, chargé de mission plan climat-air-énergie territorial, chargé de planification énergie ou de rénovation thermique de l’habitat… Autant de nouveaux métiers techniques de l’environnement, qui nécessitent des profils qualifiés ayant réalisé un cursus d’études spécialisé. Ces nouveaux débouchés s’ouvrent aux jeunes diplômés ou aux salariés du privé en reconversion, attirés par les avantages offerts par la Fonction publique (sens du service public, stabilité de l’emploi, horaires permettant un équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, etc.). Tous les échelons et toutes les catégories sont concernés par cette évolution, les collectivités embauchant des titulaires comme des contractuels. C’est le cas de Grenoble-Alpes Métropole qui a vu en quelques années les effectifs de son service de la transition énergétique doubler.

 

Focus métiers

Le conseiller en énergie partagé

Parmi les métiers qui ont le vent en poupe, celui de conseiller en énergie partagé. Ces conseillers, détenant un bac+ 3, comme une licence professionnelle dans l’énergie, sont devenus incontournables pour conseiller et accompagner les communes de moins de 10 000 habitants sur leur patrimoine et leurs dépenses énergétiques. Ils sont recrutés par les intercommunalités ou les syndicats d’énergie, de manière mutualisée, pour réduire les coûts. Le travail du conseiller en énergie partagé consiste à la fois à effectuer des diagnostics sur les bâtiments et l’éclairage publics, à préconiser des travaux thermiques, puis à suivre et évaluer la performance énergétique des bâtiments au quotidien. Il est force de proposition et aide les collectivités à obtenir une vision globale des travaux éventuels à mener et des moyens pour réduire leur facture énergétique. 

Le chargé de mission transition écologique 

Moins techniques, mais nécessitant généralement un niveau master, les postes de chargé de mission plan climat-air-énergie territorial, parfois appelé « chargé de mission transition écologique » sont de plus en plus nombreux au sein des collectivités territoriales, pour piloter et coordonner des projets structurants type « projet Cit’ergie », « agenda 21 », « territoire à énergie positive », etc. Il s’agit ici surtout d’animation de dispositifs territoriaux et de suivi de projet : sensibiliser et mobiliser les acteurs locaux, organiser et animer des réunions de concertation sur les projets, piloter les programmes d’actions, assurer le lien avec les partenaires institutionnels… Un métier qui va sans doute se développer, comme d’autres faisant appel à la fois à des compétences techniques et à des compétences managériales.

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