L’État lance sa plateforme de partage de fichiers avec « France Transfert »

À l’image de Wetransfer, Dropbox ou Swisstransfer, l’Etat français vient de lancer son propre service de partage de fichiers avec “France Transfert”. Un outil destiné aux agents de l’État, particulièrement sécurisé, qui a déjà fait ses preuves quelques mois après son lancement.

 

C’est le ministère de la Culture qui, en juillet 2020, crée le prototype de “France Transfert”. Celui-ci permet l’envoi de fichiers volumineux entre ses agents, mais également à destination de partenaires extérieurs. Séduits par l’idée, d’autres ministères testent et adoptent l’outil dans sa version bêta, comme le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Celui-ci, de par, la nature sensible de ses activités et des documents qu’il échange, est séduit par la confidentialité renforcée qu’apporte France Transfert, par rapport aux outils numériques du privé. La version bêta de France Transfert est un succès, et l’Etat lance, en collaboration avec la Direction Interministérielle du Numérique (DINUM), la version officielle de l’outil en mars 2022.

Dans son fonctionnement, France Transfert ressemble aux autres outils de partage de fichiers tels que WeTransfer ou SwissTransfer. ll permet, en un seul envoi, d’envoyer jusqu’à 20 Go de fichiers, une performance bien supérieure à celle de ses concurrents privés. Tous les agents de l’État peuvent l’utiliser en inscrivant leur adresse courrielle professionnelle, et envoyer des fichiers à d’autres agents, ou à des interlocuteurs extérieurs. Sans adresse mail officielle de l’État, l’utilisation de France Transfert est impossible.

Le lancement de France Transfert par l’État fait suite au développement d’autres outils numériques à destination des agents du secteur public. Tchap est une messagerie instantanée spécialement réservée aux fonctionnaires, qui fonctionne sur le même modèle que l’américain Whatsapp. Webinaire de l’Etat, Webconf de l’Etat et Audioconférence de l’Etat viennent compléter la panoplie, ainsi que Resana, une plateforme collaborative sur le modèle de Google Drive. 

 

Partage de fichier volumineux : Comment fonctionne France Transfert ?

 

  • Pour envoyer un fichier volumineux, vous devez vous rendre sur France Transfert sur francetransfert.numerique.gouv.fr
  • Vous arrivez alors sur la page de téléchargement ou de chargement. Pour charger le fichier que vous souhaitez envoyer, vous pouvez le glisser dans la case « Ajoutez vos fichiers et dossiers » ou alors le rechercher directement sur votre PC grâce au bouton « + ».
  • Une fois le fichier chargé, vous avez la possibilité de l’envoyer par courriel à un destinataire. Vous devez alors indiquer l’adresse de l’agent destinataire et préciser votre adresse comme expéditeur. Vous avez la possibilité d’ajouter un objet à l’envoi pour indiquer le sujet et le compléter par un message. 
    Vous avez la possibilité de créer un lien de téléchargement. Ce lien pourra être partagé à un ensemble de destinataires pour télécharger un fichier ou dossier volumineux. 
    En bas à gauche, le petit écrou vous permet de limiter l’accès à votre fichier en le protégeant par un mot de passe. 
  • Enfin, cliquez sur envoyer et votre ou vos destinataires recevront le document que vous souhaitez partager en toute sécurité.

3 questions à Jean-Louis BARTHELEMY, chef du pôle produits numériques partagés à la Direction Interministérielle du Numérique (DINUM) :

Pourquoi avoir lancé un outil spécialement destiné aux agents de l’État ? 

Cet outil a été lancé à leur demande. Depuis quatre ans, nous consultons les agents via un baromètre numérique annuel, dans lequel nous leur demandons quels sont leurs besoins d’amélioration sur leur utilisation du numérique. Loin devant toutes les autres demandes, le besoin d’un service de partage de fichiers volumineux a été exprimé par 33 % des agents du secteur public.

Cet outil correspond-il à des exigences de sécurité que les services privés ne remplissaient pas ?

Même si les produits privés comme WeTransfer ou DropBox sont a priori sécurisés, ce sont des sociétés étrangères hors Union Européenne, et leur utilisation pose un problème de souveraineté et de confidentialité, avec un accès aux données par des services de renseignement étrangers et des produits soumis aux lois territoriales ou extraterritoriales de leur pays d’origine. C’est bien sûr inacceptable d’exposer nos données dites sensibles à ce genre d’application.

La Direction Interministérielle du Numérique (DINUM) travaille par ailleurs sur toute une panoplie d’outils à destination des agents du secteur public…

Nous mettons en place tout un bouquet d’outils ayant vocation à transformer la façon dont les agents de l’État travaillent. L’utilisation d’outils privés nécessite parfois d’acheter des licences, et rend compliqué leur adoption par tous les agents du secteur public. Les coûts d’opération faibles des produits que nous développons sont mutualisés et financés par la Direction Interministérielle du Numérique (DINUM) et les ministères.
 

Voir aussi