Créé en 2015, le Service Militaire Volontaire (SMV) offre la possibilité, aux jeunes de 18 à 25 ans éloignés de l’emploi, d’apprendre un métier ou d’acquérir une première expérience professionnelle dans l’un de ses 7 centres.

 

Le Général Vincent Alexandre, à la tête du SMV, revient sur la genèse, les valeurs et l’impact de ce modèle, soutenu par la Banque Française Mutualiste.

Un dispositif né dans un contexte de crise ? 

Pouvez-vous revenir sur la création du SMV ?

Le SMV a été créé en 2015, dans un contexte particulièrement douloureux pour la France, marqué notamment par les attentats du Bataclan et de Charlie Hebdo. Durant cette période, l’ancien président François Hollande prit deux décisions majeures : mettre fin à la baisse continue des effectifs des armées et renforcer leur rôle dans l’insertion des jeunes en difficulté.

Nous nous sommes appuyés sur un modèle éprouvé depuis plus de soixante ans en Outre-mer, le Service Militaire Adapté (SMA), que nous avons adapté au contexte métropolitain. Initialement porté par l’Armée de Terre, le dispositif a ensuite été étendu à l’ensemble des armées.

Aujourd’hui, le SMV est implanté sur sept sites en France : Montigny-lès-Metz, Châlons-en-Champagne, Brétigny-sur-Orge, La Rochelle, Brest, Ambérieu-en-Bugey, Marseille.

 

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Une mission homogène sur tout le territoire

Comment fonctionnent les implantations régionales ?

Le dispositif est très homogène. Quelle que soit la région, la mission est identique : recruter et accompagner des jeunes volontaires. Trois conditions sont nécessaires pour intégrer le SMV : être français, avoir entre 18 et 25 ans et être volontaire.

Nous nous adressons prioritairement à des jeunes éloignés de l’emploi ou en décrochage scolaire, parfois en rupture avec les institutions. À l’issue du parcours, 83 % des volontaires accèdent à une insertion professionnelle, ce qui démontre l’efficacité de ce dispositif.

Le SMV n’a pas pour vocation première de recruter pour les forces armées, même si 15 à 20 % des jeunes choisissent ensuite de s’engager dans une unité militaire.

 

Un levier éducatif et structurant

En quoi le cadre militaire est-il déterminant ?

Le cadre militaire joue un rôle central dans ce programme. Il apporte un environnement structurant, fondé sur des règles claires et une disponibilité permanente des encadrants.

Les cadres militaires qui accompagnent les jeunes disposent d’une solide expérience du commandement, parfois en situation de combat. Cette expérience leur permet d’identifier rapidement les besoins de chacun et de les accompagner avec exigence et bienveillance.

Le fonctionnement repose également sur un principe de subsidiarité fondamental : chaque niveau de responsabilité est clairement défini. Cette organisation favorise l’autonomie et la responsabilisation.

À quels enjeux sociétaux le SMV répond-il ?

Entre 10 et 15 % des 18-25 ans sont aujourd’hui en décrochage scolaire. Cela représente près d’un million de jeunes sur une tranche d’âge donnée. Ce sont précisément ces jeunes que nous ciblons.

Agir pour eux, c’est agir pour l’intérêt général. En leur redonnant des compétences, de la confiance et une place dans la société, le SMV contribue directement à la cohésion nationale.

 

Un partenariat fondé sur des valeurs communes

Comment est né le partenariat avec la Banque Française Mutualiste ?

Ce partenariat est né à l’occasion du dixième anniversaire du SMV et d’une rencontre humaine mais surtout d’une vision partagée. En tant que banque des agents du secteur public, la Banque Française Mutualiste porte un regard attentif sur l’évolution de la société française et s’inscrit dans une culture profondément ancrée de l’intérêt général

En soutenant le SMV, elle affirme son engagement aux côtés de celles et ceux qui œuvrent chaque jour pour la cohésion nationale, l’insertion des jeunes et la construction d’un avenir durable. Ce partenariat contribue à mieux faire connaître le SMV et à valoriser un service utile à la nation.

 

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Former des citoyens autant que des professionnels

Quel est le profil des volontaires ?

Chaque année, environ 1 500 jeunes sont formés. C’est modeste au regard des besoins mais cela représente un effort important pour les armées, notamment en termes d’encadrement.

Le profil des volontaires est révélateur :

  • Âge moyen : 20 ans ;
  • 61 % n’ont pas atteint le niveau de troisième ;
  • Certains sont issus de quartiers prioritaires, d’autres sont en situation d’illettrisme ou d’illectronisme (difficulté à utiliser les outils digitaux).

Comment le SMV prépare-t-il les citoyens de demain ?

Le SMV ne relève pas directement des missions premières des armées, qui restent la protection de la France et des Français, mais il y contribue indirectement.

Les 10 000 jeunes passés par le SMV depuis sa création seront des citoyens dont la confiance et les compétences civiques auront été renforcées. En cas de crise, ils réagiront différemment. Beaucoup deviennent également réservistes, participant ainsi à la résilience de la nation.

Quels messages le SMV souhaite-t-il transmettre aux jeunes ?

Les jeunes qui rejoignent le SMV arrivent souvent avec un parcours marqué par des difficultés et un manque de confiance en eux. Le dispositif repose sur un triptyque clair : redonner confiance, porter un regard bienveillant et permettre à chacun de révéler son potentiel.

Loin d’effacer les individualités, le SMV les reconnaît, en accompagnant chaque jeune dans sa transformation et son intégration au sein d’un collectif solide. C’est ce message qui est important.

Quels indicateurs témoignent de la réussite du SMV ?

Le taux d’attrition s’élève à 15 %, un niveau relativement faible au regard des standards militaires. Au-delà des chiffres, la réussite du dispositif se mesure avant tout à l’échelle individuelle :  des parcours profondément transformés, parfois reconstruits, débouchant sur un métier et une perspective d’avenir durable.

Récemment, lors d’une cérémonie à Metz, j’ai rencontré une mère accompagnée de ses deux fils. Le plus jeune venait d’intégrer le SMV, tandis que l’aîné était un ancien volontaire.

Ce dernier m’a raconté son parcours : avant le SMV, il était en situation d’échec scolaire. Grâce au dispositif, il a d’abord travaillé comme préparateur de commandes, avant de s’orienter vers le BTP, un secteur où il exerce aujourd’hui depuis cinq ans. Fort de cette réussite, il a convaincu son frère de rejoindre le SMV.

Cet exemple illustre parfaitement l’effet vertueux du dispositif. Nos meilleurs ambassadeurs sont nos anciens volontaires.

 

À propos de l'engagement de la Banque Française Mutualiste au service de la communauté Défense

L'engagement de la Banque Française Mutualiste auprès de la communauté Défense s'inscrit naturellement dans son ancrage mutualiste, au plus près des agents du secteur public. Il se concrétise à travers des partenariats avec les mutuelles de référence du ministère des Armées (Unéo, Solidarm et la MCDef) qui accompagnent les militaires actifs et de réserve, les personnels civils ainsi que leurs familles. Cet engagement se traduit aussi par des actions de terrain, notamment aux côtés de la Fédération des Clubs de la Défense ou bien de l'association Solidarité Défense et leur opération Colis de Noël.

 

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