Traditour 2026 : Interview de Jean-Félix Forbin, capitaine des rookies

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Deuxième du Traditour 2025 pour sa première participation, l’équipage des Rookies aborde l’édition 2026 avec une expérience renforcée, une organisation plus affirmée et l’envie de confirmer. À la tête de l’équipage, Jean-Félix Forbin revient sur cette montée en puissance, les progrès réalisés depuis un an, la cohésion qui fait la force du groupe et ce que représente, pour lui, le fait de défendre les couleurs de la Banque Française Mutualiste lors de la course.

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Jean-Félix Forbin - Traditour
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Le rendez-vous phare de la voile traditionnelle guadeloupéenne

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C’est l’un des grands rendez-vous de la voile traditionnelle guadeloupéenne. Plus qu’une compétition, il met à l’honneur un patrimoine maritime vivant, des savoir-faire locaux et un fort esprit de transmission. L’édition 2026, organisée du 3 au 11 juillet, réunira 45 canots autour d’un parcours en 1 prologue et 10 étapes, de Sainte-Rose à Sainte-Anne, avec notamment des passages par Morne-à-l’Eau, Port-Louis, Deshaies, Gourbeyre, Capesterre-Belle-Eau et Pointe-à-Pitre. Cette année, la course se déroulera sous le signe du « Lèspri Karayib » et proposera aussi plusieurs temps forts, comme une étape nocturne à Pointe-à-Pitre avant un final à Sainte-Anne.

Un premier Traditour réussi pour Les Rookies

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Pouvez-vous revenir sur l’édition 2025 ?

C’était une très belle expérience. C’était notre premier Traditour en tant qu’équipage, en partenariat avec vous, et je pense que nous avions bien préparé l’échéance depuis le début de saison. De mon côté, je savais qu’il fallait anticiper très tôt, même si les gars n’en avaient pas forcément encore conscience.

Nous sommes arrivés sur cette édition sans nous mettre de pression, avec l’idée de naviguer proprement et de voir ce que cela donnerait. Très vite, nous nous sommes retrouvés devant. Forcément, à partir du moment où l’on comprend qu’on peut jouer les premiers rôles, la pression monte. Je dirais qu’elle est surtout montée sur moi, en tant que patron, parce qu’il fallait réussir à la gérer sans la transmettre au reste de l’équipage.

Nous nous sommes bien battus, mais nous avons aussi appris dans la difficulté. Nous avons chaviré sur une course, ce qui nous a coûté du temps, puis j’ai commis une erreur tactique sur l’étape suivante, et cela nous a fait perdre le général. Malgré cela, le bilan reste très positif. Nous avons bien représenté nos couleurs, nous avons beaucoup appris, nous avons vécu une aventure forte, avec de très beaux moments et aussi des moments plus durs.

 

Pour une première participation, terminer deuxièmes reste une très belle performance…

Oui, tout à fait. On retient forcément qu’on est passés tout près de la victoire, mais il faut aussi regarder le chemin parcouru. Finir deuxièmes pour une première participation et avec un équipage jeune, c’est déjà une très belle performance.

Un équipage plus structuré à l’approche de 2026

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Dans quel état d’esprit abordez-vous le Traditour 2026 ?

L’état d’esprit est différent de celui de l’an dernier, parce que nous ne sommes plus exactement le même équipage. Nous avons progressé, et nous continuons à progresser. Cela se voit dans nos résultats, mais aussi dans notre manière de naviguer et de nous préparer.

Le niveau a monté cette année. Pour être devant et y rester, les erreurs sont beaucoup moins pardonnées qu’avant. C’est plus exigeant, mais je pense que tout le monde peut y arriver à condition d’être régulier, de prendre les bonnes décisions au bon moment et de garder un bon état d’esprit. Le plaisir compte énormément sur une épreuve comme le Traditour. Nous allons faire au mieux pour représenter la Banque Française Mutualiste.

 

Quand vous dites que l’équipage a changé, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Les piliers sont toujours là. Nous avons perdu un membre, mais surtout revu l’organisation des postes. Ce sont globalement les mêmes personnes, simplement avec une gestion différente de l’équipage. Et je pense que nous avons beaucoup gagné là-dessus.

Chacun a progressé dans son rôle, mais c’est surtout le management et l’organisation collective qui nous permettent aujourd’hui d’être plus performants avec les mêmes gars. Nous naviguons aussi sur le même bateau, avec un jeu de voiles neuf prévu juste avant le Traditour pour arriver au départ dans les meilleures conditions possibles.

 

Pour cette deuxième participation, ressentez- vous davantage d’excitation, plus d’envie de gagner ou plus de pression ?

Je pense que, pour l’équipage, il n’y a pas vraiment de pression. En revanche, il y a clairement plus d’envie de gagner. Les gars ont goûté au fait de jouer devant et ils deviennent de plus en plus compétiteurs. On sent que ça les agace davantage quand on se rate ou quand on sort du top 5.

C’est une bonne chose, parce qu’ils ont gagné en motivation et en combativité. L’année dernière, dans les moments durs, on pouvait parfois voir des visages marqués. Aujourd’hui, je vois surtout des gars qui ont envie d’aller chercher quelque chose. De mon côté, je préfère ne pas me mettre de pression excessive. Bien sûr, on peut se dire qu’après avoir frôlé la victoire en 2025, il faudrait absolument gagner cette année, mais je préfère rester concentré sur notre progression et sur ce que l’on maîtrise.

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Illustration Traditour 2026

Une dynamique collective fondée sur la cohésion

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Qu’est-ce qui fait la force de ton équipage ?

Honnêtement, je pense que notre force, c’est l’ambiance à bord. Nous essayons de poser un cadre, d’avoir des objectifs et une manière de fonctionner, mais nous rigolons aussi beaucoup. C’est quelque chose d’important chez nous.

Je ne suis pas le seul à être comme ça dans l’équipage. Nous avons un groupe qui aime passer du bon temps ensemble, faire des blagues, vivre les choses à fond. Cela compte énormément, parce que cela permet de souder le collectif très vite. Bien sûr, nous faisons aussi de la cohésion en dehors de l’eau, avec des moments partagés, des barbecues, des temps ensemble. Mais au-delà de cela, il y a une vraie appréciation entre nous, et je pense que c’est une vraie force.

 

Constituer et roder un équipage, qu’est-ce que cela représente pour toi ?

C’est un vrai travail de gestion humaine. Il faut former les plus jeunes, apprendre à connaître les personnes, poser un cadre, expliquer le fonctionnement et trouver le bon équilibre entre exigence et relâchement. Même si beaucoup sont des amis, certains, au départ, je ne les connaissais pas du tout.

Avec les plus jeunes, il y a souvent une relation de grand frère à petit frère. Et à côté de cela, il y a aussi mes amis de longue date. Nous avons un noyau très solide, très resserré, et cela nous aide beaucoup.

Les entraînements reflètent bien cette dynamique. Il y a une grosse part de travail pour faire progresser l’équipage et le bateau, mais il y a aussi une place importante laissée au plaisir d’être ensemble. On n’oublie jamais que, même si l’on cherche la performance, cela reste aussi un loisir et une aventure humaine.

Le rôle du capitaine dans la préparation

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En tant que capitaine, quel est votre rôle dans la préparation puis pendant la course ?

Chaque équipage fonctionne différemment, mais, pour ma part, je considère que mon rôle est d’abord de m’occuper du bateau et de faire en sorte qu’il soit à 100 % avant chaque compétition. Sur cet aspect, je fais beaucoup de choses moi-même, grâce à mes connaissances techniques, aux personnes qui m’entourent et aux moyens dont je dispose.

Ensuite, je prépare aussi les gars mentalement. Je leur explique ce qui les attend, les conditions possibles, le plan d’eau, les difficultés à anticiper. L’idée est qu’ils découvrent le moins de choses possible le jour J. Plus on anticipe, plus cela les met en confiance, et je pense que cela aide énormément ensuite sur l’eau.

 

Qu’est-ce qui fait la différence sur une course comme le Traditour ?

Pour moi, le mental est essentiel. C’est une épreuve longue, dure, physique, et il y a toujours un moment où le corps commence à tirer. À ce moment-là, c’est le mental qui prend le relais.

Le cadre autour de l’équipage compte aussi énormément. Quand je parle de l’équipage, je parle aussi du staff, des proches, des amis, des familles, de tous ceux qui nous accompagnent. Quand l’environnement est rassurant, agréable et solide, cela aide mentalement à se donner encore plus sur l’eau.

La voile traditionnelle, entre sport et patrimoine

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Que représente la voile traditionnelle pour vous, sur un plan plus personnel ?

La voile traditionnelle représente bien plus qu’un simple support de navigation. J’ai pratiqué beaucoup de supports différents, parfois plus ludiques, mais avec le canot traditionnel, il y a autre chose : un lien avec le patrimoine, avec la tradition, avec un savoir-faire local.

C’est quelque chose qui me tient profondément à cœur. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles j’ai envie de naviguer sur un canot traditionnel. Il y a bien sûr le plaisir de naviguer, mais il y a aussi cette idée de représenter quelque chose de plus grand que soi, qui fait partie de notre culture.

Un partenariat fort avec la Banque Française Mutualiste

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Que représente pour vous le fait de porter les couleurs de la Banque Française Mutualiste ?

C’est une vraie fierté. Pour un jeune équipage qui n’a pas encore fait ses preuves, trouver des sponsors est déjà compliqué. Trouver un partenaire qui s’engage autant l’est encore plus.

Quand vous m’avez donné votre accord, je l’ai vraiment vécu comme une opportunité. À ce moment-là, vous ne saviez pas réellement ce que je valais comme patron d’équipage. J’avais une expérience dans la voile, mais pas encore comme chef de projet à ce niveau-là. Il fallait former des jeunes, régler un bateau, créer une dynamique. Vous m’avez accordé votre confiance.

Le fait d’avoir ensuite réussi à obtenir un bon résultat et, d’une certaine manière, à vous rendre cette confiance, a été pour moi une grande satisfaction.

 

Quel message souhaitez-vous adresser à celles et ceux qui suivront l’aventure ?

Venez nombreux. Le Traditour est en train de devenir l’un des grands événements de l’année en Guadeloupe. Il représente notre île, notre culture, notre patrimoine. Il y a de belles personnes, de beaux bateaux, de belles voiles, de belles couleurs. C’est un événement qui mérite vraiment le détour.